L’HISTORIQUE DE LA PAIX EN ISLAM

L’HISTORIQUE DE LA PAIX EN ISLAM

Le Théologien Dr. Ahmad Abdous Salam SAWADOGO a publié il y a de cela une année un livre intitulé « L’islam et la paix ». Ce livre aborde la question de la paix selon la religion de l’islam et l’importance qui est accordé à la paix en islam dans la mesure où c’est la religion d’Allah qui est lui-même La paix et a révélé une religion de paix a un homme de paix pour faire régner la paix dans le monde. Dans les lignes qui vont suivre nous allons vous présente un extrait du livre sur l’historique de la paix

Il s’agit ici de donner un bref aperçu de ce mot « paix » qui est tant cher à l’humanité du début de la création jusqu’à la descente du premier homme sur terre. Je vais développer ce point en commençant par Dieu Lui-même. Dieu (Gloire et Pureté à Lui) a plusieurs noms et attributs parmi lesquels « Assalâm » qui signifie « La paix ». Ce nom revient dans plusieurs versets du coran et dans beaucoup d’autres textes religieux. On peut citer à ce titre le verset 23 de la sourate 59 où Allah (Le Très-Haut) dit : « C’est Lui Allah, point de divinité à part Lui. Il est Le Souverain, Le Saint, Le Maître de la paix, Le Protecteur, Le Juge suprême, Le Fort, Le Puissant, Le Très Grand. Gloire à Lui ! Il et au dessus de ce qu’on Lui associe ». Dans ce passage coranique Dieu nous informe que « Assalâm » est l’un de Ses noms et attributs. Cela veut dire que celui qui s’attache à Lui aura la paix, sera un homme de paix.

Étant donné que la paix est l’un de Ses attributs sublimes, IL a créé un lieu de paix qui est le Paradis. Au nombre des noms donnés à ce paradis dans les textes il y a « Daroussalâm » qui signifie « cité de la paix ». La création de ce paradis est une preuve que Dieu est vraiment un Dieu de paix qui veut la paix. Cette cité de la paix prévaut sur l’autre cité qui est l’enfer, le lieu du châtiment. En effet la miséricorde d’Allah précède son courroux. Dieu (Le Très-Haut) a voulu cette cité de paix pour toute l’humanité en témoigne le fait qu’Il y a accepté son ennemi juré Satan. Ce dernier y a été accueilli bien que Dieu (Le Très-Haut) savait qu’il Lui désobéira par la suite.

Quand Dieu (Le Très-Haut) créa Adam (Sur lui la paix de Dieu), l’ancêtre des hommes, et lui souffla son âme, celui-ci éternua et prononça la formule « alhamdoulillah » qui veut dire « louanges à Allah ». Dieu (Le Très-Haut) lui répondit en disant « yarhamoukallah » c’est-à-dire « que Dieu te fasse miséricorde ». Ensuite IL lui ordonna : « Vas saluer ces anges assis et écoute ce qu’ils vont te répondre ; ce sera ta formule de politesse et de salutation et celle de ta descendance après toi ». C’est ainsi que Adam (Sur lui la paix de Dieu) alla dire aux anges : « assalâmou aleykoum » qui signifie « que la paix d’Allah soit sur vous ». Et les anges de lui répondre : « wa aleyka assalâm wa rahmatoullah »qui veut dire « à toi également la paix et la miséricorde d’Allah ». Les anges lui ont ajouté la miséricorde d’Allah afin que cette miséricorde l’accompagne dans sa quête de paix.

Le mot « paix » a commencé depuis la première création avec le nom d’Allah Lui-même, le paradis et Adam (Sur lui la paix de Dieu) qui a reçu l’ordre de propager la salâm parmi les anges.

Avant sa descente sur terre, et pour qu’il soit éduqué à la paix, Adam (Sur lui la paix de Dieu) et son épouse ont séjourné dans le paradis. Dans le paradis il y a tout ce qu’on veut ; on n’y entend pas de mauvaises paroles. Seuls des propos de paix y sont lancés. Donc, Adam (Sur lui la paix de Dieu) et sa femme ont vécu dans cette cité pour non seulement y acquérir de la science mais aussi et surtout vivre la paix dans tous ses aspects. Comme l’a dit un chef d’État africain la paix n’est pas un vain mot mais un comportement. Pour que la paix devienne un comportement pour Adam Dieu lui a permis de vivre dans le paradis tout en sachant qu’Il le fera descendre sur terre plus tard.

Lorsque Adam (Sur lui la paix de Dieu) est descendu sur terre il avait pour mission, tout d’abord, de se soumettre à Dieu, lui et ses descendants. Cette soumission à Allah, c’est l’Islam. La soumission est la traduction de tout le comportement qu’il a appris au paradis dans sa vie sur terre. Ensuite il devait propager la salâm sur terre comme il a appris des anges que sa formule de politesse est la salâm. Donc une fois sur terre, Adam (Sur lui la paix de Dieu) a été appelé à vivre musulman.

Voyons maintenant le lien entre l’Islam (al islam) et la paix (assalâm). Ces deux mots dérivent d’un même mot de trois lettres qui est « SLM » (salama). « Salama » veut dire exempt de souillures, de défauts. L’Islam prend source de ce mot. L’Islam étant la soumission à Allah, cela veut dire que c’est en se soumettant à Allah (Gloire et Pureté à Lui) qu’on sera exempt des souillures, des défauts, des mauvais comportements, de la violence. C’est en se soumettant à Allah qu’on acquiert ces qualités qui conduisent au paradis, la cité de la paix. Cette soumission rend l’homme digne d’être le lieutenant de Dieu sur terre. L’homme est fait de corps et d’esprit. La soumission à Dieu murit le côté spirituel, l’éloigne des vicissitudes du corps et le rapproche de la voûte céleste. L’obéissance à la volonté divine fait de l’homme un pieu, un modèle digne de représenter le Seigneur sur la terre. Quand on devient ainsi on n’est plus violent ; on n’a que la mission de propager la paix, la quiétude, la sérénité et la justice sur cette terre. C’est en ce sens que Dieu (Le Très-Haut) dit dans le Coran : « Les serviteurs du Tout Miséricordieux sont ceux qui marchent sur terre humblement et qui, lorsque les ignorants leur tiennent des propos violents, disent salâman (paix) » (Sourate 25 verset 63).

Le mot salâm aussi prend sa source de salama. Salama caractérise le défaut de souillures, de violence, de barbaries. Alors, assalâm désigne un comportement exempt de violence, un environnement, un milieu, une société où il n’y a pas de violence. C’est l’absence de tous ces maux qui est la paix.

Nous avons mentionné ci-dessus que Adam (Sur lui la paix d’Allah), lorsqu’il fut parachuté sur terre, avait pour mission de répandre la paix. La première rupture avec la paix sur la terre arriva lorsqu’il y eut un désaccord entre les deux fils d’Adam, Hâbil et Câbil.   Câbil tua Hâbil. C’est ainsi que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit que quand quelqu’un verse du sang sur terre le péché est également à la charge du premier des hommes qui a commis le meurtre. Celui-ci a méconnu la formule de politesse qu’il fallait propager et le comportement de paix que les gens devaient appliquer dans leur quotidien. Ainsi, les sociétés se succédèrent. Le prophète Noé (qu’Allah le bénisse et le salue), à son époque, a invité son peuple à se soumettre à Dieu (Le Plus Grand), ainsi seront-ils heureux ici-bas et gagnants dans l’au-delà. J’ai donc dit : « implorez le pardon de votre Seigneur car Il est Grand pardonneur, pour qu’Il vous envoie du ciel des pluies abondantes et qu’Il vous accorde beaucoup de biens et d’enfants et vous donne des jardins et des rivières » (Sourate 71 Verset10-12). Quant au prophète Abraham (qu’Allah le bénisse et le salue), il s’est, tout d’abord, attaqué aux idoles terrestres et aux astres pour dire que le Seigneur est unique. Il a joint l’acte à la parole. C’était un prophète artisan de la paix. Lorsqu’il a reçu la visite des anges qui partaient détruire une cité perverse qui pratiquait l’homosexualité, ceux-ci lui ont dit « tu as la salâm». Le terme « salâman » utilisé dans le Coran montre que la phrase employée est verbale mais le verbe a été omis. C’est pourquoi, selon certains exégètes du Coran, la phrase utilisée veut dire « nous te saluons salâman ». Tandis qu’Abraham en répondant a utilisé une phrase nominale. Il dit :« salâmoun ». Cela veut dire « ma vie, tout mon comportement est salâm ». C’est cela le sens de ses propos. En arabe la phrase nominale n’est pas liée au temps ; elle est plus forte en sens et en portée que la phrase verbale qui change de sens selon les temps et les contextes. Lorsqu’on est dans un temps passé le sens de la phrase verbale se limite au passé. Si c’est le temps présent son sens ne s’étend pas au temps passé. Le sens de la phrase verbale est étroit tandis que la phrase nominale n’est pas liée à un temps ; elle a un sens invariable. C’est pourquoi l’Imam Alzamagchari (Que Dieu lui fasse miséricorde) (décédé en l’an 538 de l’hégire), dans son exégèse du Coran, a commenté ce verset en disant qu’Abraham a utilisé une formule meilleure que celle des anges. Ces derniers ont utilisé une phrase verbale pour dire qu’ils ne sont pacifiques qu’avec Abraham puisqu’après la visite d’Abraham ils vont détruire une cité. Abraham en employant la phrase nominale veut dire que partout où il se trouve, il fait la paix. Dans l’ancien testament il est dit qu’Abraham a tenté de négocier avec les anges pour qu’ils ne détruisent pas la cité bien que ce soit une cité perverse. Cela montre que c’est véritablement un homme de paix. Dieu (Gloire et Pureté à Lui) a été satisfait de son attitude. IL dit dans la sourate 12 verset 75 « Abraham était d’un naturel doux, compatissant et dévoué ». Dieu a fait, dans ce verset et dans d’autres sourates, les louanges d’Abraham pour son pacifisme. Mais Dieu lui demanda de laisser les anges aller accomplir leur mission car cela a été déjà décrété.

Regardons l’attitude d’Abraham à l’égard de son père lorsqu’il invita celui-ci à abandonner les idoles pour adorer Dieu (Gloire et Pureté à Lui) Seul. Quand il lui prêchait, son père lui lançait des menaces : « Si tu n’arrêtes pas de me prêcher, je vais te lapider. Éloigne-toi de moi ». Le prophète Abraham voulait la paix, la guidée pour son père ; il veut qu’il accède à la cité de la paix. Il répliquait à ces menaces en disant : « paix sur toi, je vais implorer le pardon d’Allah en ta faveur ». Abraham a vécu avec cette paix qu’Adam a reçue de la part de son Seigneur comme éducation dans la cité de la paix.

Les différents prophètes ont voulu la paix pour leurs peuples et leur ont prêché la paix. Il a été rapporté qu’un prophète, quand les gens l’assassinaient, a fait cette prière : « Seigneur, pardonne à mon peuple car il est ignorant ». C’est ainsi que ni Moïse ni Zachari, ni Yahya (Jean), ni Issa (Jésus) n’ont répondu à la violence par la violence. Leur culture de la paix leur empêchait d’utiliser la violence contre l’oppresseur.

Quant à notre Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et le salue) il a été persécuté, lui et ses compagnons, à la Mecque par son peuple qui ne voulait pas entendre son message. Face à cette persécution il conseilla à ses disciples l’endurance. Un jour, la famille de Yassir, une famille noire convertie à l’Islam, subissait les supplices des Mecquois. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) leur dit : « ô gens de la famille de Yassir ! Soyez patients ; votre destination sera le paradis ». Il n’a pas accepté répondre à la violence par la violence. Lorsqu’il a émigré à Médine, son premier discours qu’il a tenu, avant même de descendre de sa monture, est : « ô gens ! Répandez la salâm entre vous, donnez à manger, maintenez les liens de parenté, priez la nuit lorsque les gens se sont endormis, murissez votre spiritualité ». Toutes ces recommandations sont des fondamentaux conduisant à la paix et à la cohésion des populations.

Plus tard lorsqu’il est revenu de Médine pour conquérir la Mecque, il n’a décidé de combattre que neuf de ses persécuteurs ; et parmi ses neuf personnes seules quatre qui n’ont pas désarmés contre lui ont été combattues. Les Mecquois, reconnaissant les supplices qu’ils leur ont affligés, à lui et à ses compagnons, s’attendaient à ce qu’il se venge. A leur grande surprise, il (qu’Allah le bénisse et le salue) leur a dit : « partez, vous êtes libres ».

Toutes les guerres que le Prophète a livrées sont des guerres défensives. C’était de la légitime défense. Les batailles de Badr, d’Ouhoud, de Khandac ont eu lieu à Médine. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) se défendait contre les attaques de ses ennemis. Il arrivait, dans des cas spécifiques, qu’il envoie des expéditions punitives. Ce fut le cas de la bataille de Mou’ta à l’an 8 de l’Hégire. En effet un émissaire du Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) au gouverneur de Busra , Al-harisse Ibn Oumaïre, y fut assassiné par un préfet du gouverneur. Pourtant l’émissaire était porteur d’un message de paix du Prophète pour le monde chrétien de Châm. Il fut ligoté et exécuté froidement en août ou septembre de l’an 629 de la naissance du christ. Acte pourtant condamné par les lois de l’époque. Alors le Prophète envoya 3 000 hommes pour venger sa mort

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Super Administrateur du Burkina Faso

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