La première base de la paix : la science utile

La première base de la paix : la science utile

   Dans de précédents articles sur la paix nous avons évoqué l’historique et les bases de la paix d’une façon sommaire.Place maintenant aux détails des cinq bases soulignée par l’auteur du livre Dr Ahmad Abdous Salam SAWADOGO

Dans le saint Coran, à la création du premier homme, lorsque Dieu (Le Très-Haut) a voulu mettre son lieutenant en disant aux anges : « Je vais mettre sur terre un vicaire. Les anges répondirent : « Vas-tu mettre sur terre des gens qui vont y semer la corruption et y verser du sang ? » Il répond aux anges : « Moi, je sais ce que vous ne connaissez pas ». C’est ainsi qu’Il (Gloire et Pureté à Lui) a enseigné a Adam (Sur lui la paix de Dieu) le savoir qui lui permet d’avoir un comportement de paix. Ce verset a été cité plus haut mais nous y revenons pour dire que le premier principe en Islam pour l’établissement de la paix est l’acquisition de la science. Quand Dieu (Gloire et Pureté à Lui) dit qu’il a enseigné à Adam (Sur lui la paix de Dieu) le nom de toute chose c’est pour lui permettre, avec ce savoir, de devenir autre chose, de modeler son comportement. Le premier principe est donc le savoir.

Dans le verset les anges prédisaient que l’homme allait répandre la corruption et verser du sang sur terre ; mais la science que celui-ci reçut a prouvé le contraire. Si devant les anges cela s’est produit c’est dire que sur la terre également l’homme, grâce à la science acquise du Seigneur, ne sera pas corrupteur mais, tout au contraire, sera un être responsable qui veillera à la préservation de la paix, à la protection de ce merveilleux environnement que Dieu (Gloire et Pureté à Lui) a créé pour lui et au respect des lois naturelles. La science fera de l’homme le véritable vicaire de Dieu sur la terre.

Nous parlons de science, mais de quelle science s’agit-il ?

Sachons tout d’abord que le savoir est le produit de la raison qui est la faculté de penser, de raisonner, « al aql » en arabe. « Aql » en arabe veut dire lier le pied d’un animal à quelque chose pour l’empêcher de divaguer. Si la raison de l’homme est ainsi désignée c’est pour dire que la raison le lie afin qu’il ne soit pas un être sans repère. Cette faculté permet à l’homme d’avoir la compréhension des choses et le discernement qui lui fera distinguer le bien du mal, le faux du vrai. La raison est comme un lien qui met des limites à l’action humaine.

« Aql » en arabe renvoie aussi à l’intelligence. L’intelligence permet de comprendre ; la compréhension permet de distinguer les choses.

La raison pure et saine, c’est-à-dire qui n’a pas perdu de sa lucidité, doit produire un savoir sain. Le savoir dérive de la raison. Seul l’homme, possesseur de cette faculté, apprend à l’exclusion de l’animal bien que disposant aussi d’un cerveau. La raison étant la faculté d’apprendre, de comprendre et le siège de l’intelligence, le savoir qui en dérive devrait apporter à l’homme une compréhension approfondie de la vie. Par contre un savoir qui dérive d’une raison souillée ne donnera qu’un savoir inutile ou dans le pire des cas un savoir nuisible.

Selon les textes islamiques, tout savoir n’est pas salutaire sur cette terre. Le savoir peut être subdivisé en trois catégories : le savoir bénéfique, le savoir inutile et le savoir nuisible.

Le savoir bénéfique est le savoir religieux qui est obligatoire et totalement profitable à l’homme. Ce savoir amène l’homme à connaître son Seigneur et à se tracer une bonne ligne de conduite dans cette vie. Ce savoir est une obligation. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) n’avait cessé de répéter cette phrase dans ses invocations d’Allah : « Ô Allah enseigne moi un savoir profitable ». Il disait aussi : « Je cherche protection auprès de Toi contre tout savoir inutile ». C’est là que les savants ont compris qu’il y avait des connaissances qui sont utiles, des connaissances qui sont inutiles et des connaissances qui sont nuisibles à l’humanité. C’est le savoir religieux qui procure la paix. Le savoir utile entendu ici inclut tout savoir profane utile dans la vie des hommes tel la médecine, l’ingénierie, l’agronomie, etc. Ces sciences sous-tendues par la science religieuse sont très bénéfiques aux êtres humains.

Le savoir inutile est celui qui ne rapporte rien à l’homme. On y perd son temps mais on n’en tire aucun profit. Par exemple, l’histoire des vainqueurs ou des vaincus, le droit profane, etc. Ces savoirs n’apportent pas le bonheur ni la paix. On a beaucoup appris l’histoire de l’Afrique écrite par des non africains sans connaître les réalités de l’Afrique. On a beaucoup enseigné le droit sans que la justice existe véritablement.

Le troisième type de savoir est le savoir nuisible. Le savoir nuisible c’est comme la philosophie. Les philosophes ont essayé d’interpréter le monde invisible par manque de révélation à cette époque. Ces hommes ont su qu’il y avait un monde idéal qu’il faut chercher à connaître et à expliquer. Mais après la révélation de la révélation cette science a perdu tout son intérêt. Il conduit même certains à nier l’existence de Dieu (Le Plus Grand) et à qualifier la religion d’invention humaine. Il en est de même pour la psychologie et de la biologie qui ont conduit Sigmund Freud et Darwin à nier l’existence de Dieu et fonder des théories basées sur l’ethnocentrisme telles l’évolutionnisme ou le darwinisme. Nous ne pouvons pas aussi ignorer la nocivité de la science qui a produit des armes de destruction massive.

La première catégorie de savoir est le savoir salutaire pour l’humanité. Le savoir religieux qui nous instruit sur notre Seigneur, nous dit d’où nous venons, pourquoi nous sommes sur cette terre, où irons-nous après la mort et qu’est-ce qui nous y attend. Celui qui acquiert cette science et construit sa vie sur elle aura de la retenue et de la maitrise de soi dans ces actes. Il contribuera à la préservation de la paix.

Le savoir séculier encadré par le savoir religieux contribue à l’amélioration des conditions de vie des populations ; chose qui participe à l’instauration et au maintien de la paix. Dieu (Gloire et Pureté à Lui) a enseigné aussi le savoir séculier à Adam (Sur lui la paix de Dieu) afin qu’il puisse s’en servir pour façonner la terre à l’image des cieux qu’Il a embelli. Dieu (Le Très-Haut) a voulu que l’homme s’inspire de Son savoir pour construire ce monde pour sa survie. Cette science séculière permet de comprendre, à travers son caractère toujours provisoire, qu’il y a une force divine qui maintient les cieux et les astres intacts et les protège contre l’épreuve du temps. Ainsi les arabes appellent la lune et le soleil « al jadidâni » c’est-à-dire les deux qui sont toujours nouveaux. Le savoir profane peut conduire à connaître Allah, à consolider le savoir religieux. Nous sommes descendus sur terre pour maintenir un lien entre la terre et le ciel. Ce lien n’est autre chose que la paix.

Si le savoir profane transforme le comportement de l’homme cela l’est à fortiori pour le savoir religieux. En effet, un homme qui sait qu’il est une créature de Dieu, que Dieu veut la paix ; il travaillera en conséquence pour accéder à la cité de la paix qui est le paradis. Sans le savoir religieux et le savoir séculier encadré par le savoir religieux, les hommes se détruiraient eux-mêmes.

Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) et ses compagnons, ayant la foi en Dieu (Le Sublime) et de leur comparution devant Lui le jour dernier étaient des hommes pacifiques qui évitaient de nuire aux autres. Et ils souffraient personnellement et énormément lorsqu’il arrive qu’ils fassent du tort à quelqu’un. Il en est de même des prophètes et des messagers qui ont précédé avec leurs compagnons. Leur foi a fait d’eux des hommes de paix. L’usure est par exemple interdite dans le but de réduire le déséquilibre économique, les écarts entre les riches et les pauvres car ces écarts trop grands font courir des risques de rupture de la paix.

Ceci est l’importance du savoir religieux en tant que principe pour l’instauration de la paix sur terre.

Le savoir religieux doit s’imprégner de la foi. Le savoir religieux sans foi n’est pas bénéfique, pire il devient dangereux puisqu’une personne qui a le savoir religieux mais n’a pas la foi est comme Iblis (Satan) qui a connu, qui a su. Dans l’ancien testament il est désigné devin des anges. Il était par sa science au-dessus des anges bien qu’il ne soit pas de la même nature qu’eux puisqu’il a été créé du feu tandis que les anges ont été créés de lumière. Il dit aux anges que les soins que Dieu a mis dans la création de Adam (Sur lui la paix) allait faire de ce dernier un être devant lequel ils allaient se prosterner. Il invita les anges à ne pas se prosterner devant Adam lorsque le Seigneur le leur ordonnera. En tant que musulman nous sommes neutres sur la question de la véracité de ces propos. Mais c’est une simple illustration. Bref, connaître Dieu, connaître qu’on a un compte à lui rendre, connaître sa responsabilité sur terre vis-à-vis de soi-même, du prochain et de toutes les créatures. Voilà ainsi jetée une base irréfutable de la paix.

 

 

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Super Administrateur du Burkina Faso

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